La compétition entre les deux premiers groupes d'administration de biens français FONCIA et PEREXIA continue et la lutte pour la première place vient d’être remportée par celui qui était le second PEREXIA.

FONCIA coté en bourse gère 19.000 immeubles en copropriété représentant 610.000 lots gérés et 166.000 lots gérés pour la partie gestion locative. FONCIA a réalisé en 2004 un bénéfice net de vingt six millions d’euros tout en confirmant ses objectifs d’une progression de chiffre d’affaire de 20% par an. Son Chiffre d'affaires au 30 septembre 2005 affiche d’ailleurs une augmentation de 20,3% assurant les objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2005. Son extension est possible par l’ouverture de nouvelles agences (on en compte 255) sur le territoire nationale et de nouvelles implantations à l’étranger notamment en Belgique et en Suisse. Jacky Lorenzetti , Président-directeur général de FONCIA Groupe a précisé à ce sujet : « Notre rentabilité devrait également progresser grâce à l’amélioration constante de la profitabilité des cabinets anciennement intégrés et la mise aux normes des cabinets rachetés plus récemment. »

En ce qui concerne PEREXIA, filiale du Crédit Foncier de France du Groupe des Caisses d'Epargne et propriétaire de GESTRIM, gère 620.000 logements locatifs et de copropriété dans 190 agences en France et 14 en Europe. En s’assurant le contrôle de LAMY, il récupère environ 160.000 autres lots en syndic et une soixantaine d'agences. Ces deux grands groupes interviennent déjà dans 20% du parc de logements en copropriété.

Ce mouvement de concentration est très critiqué par les organisations de consommateurs, l'ARC (Association des responsables de copropriété) en tête car la logique de développement de ces grands « cabinets » induit des objectifs de rentabilité financière qui peuvent être en contradiction avec les intérêts des copropriétaires et qui se traduisent en pratique, selon ces associations, par une dégradation du service aux copropriétaires. Les copropriétaires souhaitent avant tout un bon entretien des immeubles et une maîtrise des charges.

Bruno DHONT, directeur de l’ARC dénonce : " l’observance de " bibles " imposées par la direction des groupes, et une tarification autoritaire, avec comme conséquence pour les copropriétaires des contrats de trois ans plutôt que d’une année, une inflation des prestations particulières et une détérioration générale du service rendu ".

Les grands groupes pour leur part communiquent sur l’opportunité d’une synergie des métiers qui n’apporte que de bonnes choses pour les copropriétaires. Mais on peut se demander quels sont les objectifs de ces grands groupes et quel est l’intérêt des établissements financiers pour les cabinets de syndic ? Alors que le métier de syndic est loin d’être rémunérateur, il permet de rentrer dans les immeubles et de proposer de nombreux services annexes. Jacky LORENZETTI, président du groupe FONCIA, affiche ses objectifs : " Nous proposons à la base installée de nos 700 000 clients, outre les services classiques en gestion et en transaction, des produits et services complémentaires à forte marge et particulièrement des supports de crédits et de placements, des diagnostics techniques et des assurances ".
Ces grands groupes sont surtout intéressés par la transaction et la gestion locative des lots appartenant à des bailleurs (23% des lots en copropriété), par la gestion des trésoreries des syndicats de copropriété, par la vente de prestations aux immeubles (assurance, finances, travaux, diagnostics) réalisées par leurs filiales et à terme la vente de services aux particuliers.

Nous vous proposons de conclure avec un extrait de l’enquête menée par le " PARTICULIER IMMOBILIER " en avril 2004 : « Présenté par les syndics, le système fonctionne toujours au bénéfice des copropriétaires : primes d’assurance mieux négociées, intercalaires plus favorables chantiers mieux maîtrisés, financements plus intéressants. Oui…, mais jusqu’à quel point ? Dans le meilleur des cas, l’équilibre sera assuré : syndicats et syndics auront conclu un contrat gagnant/gagnant. Dans le pire, le syndic pourra utiliser ces procédés pour réaliser une marge substantielle tout en tenant le syndicat captif. C’est d’ailleurs le risque que pointent ceux qui réprouvent le mélange des genres. Pourtant, la multiplication des services semble elle aussi être une tendance irréversible ".