Dans un premier épisode (juin 2005), Foncia propose à chacun de ses clients, bailleurs et copropriétaires, de verser 1 euro chaque trimestre, retenu sur leurs quittances ou décomptes de charges au profit de la fédération « Habitat et Humanisme ». L’objectif est d’aider cet organisme à financer son programme de maisons-relais destinées à accueillir des familles en grande détresse. Bien que pour Foncia, 82 % des clients avaient approuvé la démarche, l'UFC-Que choisir et l’ARC (Association des responsables de copropriété) avaient alors vivement réagi et même saisi la direction de la concurrence et de la consommation. On ne reprochait pas à Foncia de vouloir mener des actions généreuses pour les plus démunis mais alors pourquoi ne pas participer à de tels projets sur ses fonds propres plutôt que de prendre ses clients en otage. Foncia est donc revenu sur ses méthodes en s’excusant, par un courrier adressé le 19 septembre à ses clients, de les avoir offusqués.

Dans le deuxième épisode (novembre 2005), Foncia est épinglé par le journal « Le canard enchaîné ». Il ne s’agit plus là de Foncia administrateur de biens mais de la première société française de location d’appartements. Le journal a eu connaissance d’un manuel dont dispose chaque agent commercial de chez Foncia. Il s’agit de conseils et de consignes pour la mise en location d’un bien. Ce manuel édité en 1990 est toujours en vigueur. Mais là où cela se corse c’est que l’on y trouve un chapitre entier sur la sélection du candidat locataire. Parmi les critères de jugement pour effectuer une sélection qualitative, il est précisé que « le candidat idéal aura une tenue soignée et propre. Son comportement sera posé, réfléchi, et reflétera bonne éducation et droiture d’esprit. » Un autre critère est la nationalité du candidat qui peut poser des problèmes notamment liés « au mode de vie, de coutumes et d’usages », à ce sujet il est dit encore dans le manuel : « Par conséquent, en faisant abstraction de toute notion de ségrégation raciale ou confessionnelle à l’égard de quelque nationalité que ce soit, l’expérience nous conduit à privilégier les dossiers des candidats français ayant leurs attaches professionnelles et familiales sur le territoire. »

Conclusion : chez Foncia on ne loue pas à des étrangers qui ne donnent pas une garantie solvable française. On n’appelle pas cela de la ségrégation mais une gestion des risques zéro ! Pour faire un lien avec le premier épisode, on peut se demander si Foncia ne cherchait pas à se déculpabiliser en développant des projets caritatifs (financés par ses clients bailleurs et copropriétaires), « … financer des « logis du cœur pour les exclus » c'est-à-dire les étrangers à qui Foncia ne veut pas louer » comme ironise le Canard enchaîné.