Une mission a été confiée à Michel Pébereau, président de BNP Paribas, afin de sensibiliser l'opinion à l'ampleur de la dette de l'Etat. La première partie du rapport Pébereau devrait revenir en détail sur les raisons de l'explosion de l'endettement de la France au cours des vingt dernières années. La seconde sera réservée aux préconisations.

A l'occasion du Forum européen des marchés de taux, à Paris le 28 novembre dernier, le ministre de l'Economie et des finances, Thierry Breton, a commencé à préparer le terrain à la publication du rapport en tirant la sonnette d'alarme sur l'endettement de la France. En effet, la dette de la France dépasse les 2.000 milliards d'euros, un chiffre bien supérieur aux 1.100 milliards officiellement affichés. Car selon les normes comptables internationales il faut intégrer les engagements hors bilan de 450 milliards d'euros au titre des droits à la retraite des fonctionnaires et de 450 milliards pour ceux du personnel hospitalier et des fonctionnaires des collectivités territoriales. Ces 900 milliards d'euros supplémentaires seront à financer un jour ou l'autre. En 20 ans nous n’avons cessé d’augmenter le nombre de fonctionnaires pour arriver à un chiffre de plus d’un million aujourd’hui.

Comme le dit le ministre de l’Economie, «une dette, ce n’est pas honteux, c’est normal. Cela devient un problème quand on ne sait pas comment faire pour rembourser». Il est temps de dire la vérité aux Français, on ne pourra plus mener une politique expansionniste de la dette publique, il va falloir se serrer la ceinture. Les chiffres sont toujours là pour nous le rappeler, la dette publique française dépasserait les 120% du PIB.
Aujourd’hui, le constat est le suivant, le service de la dette française absorbe la quasi-totalité des recettes d'impôt sur le revenu.
Thierry Breton a d’ailleurs déclaré à ce sujet « qu'il faudra peut-être que nous réduisions nos nouvelles dépenses pour couvrir les intérêts de la dette, aujourd'hui, nos recettes fiscales sont juste suffisantes pour payer les intérêts de la dette. Si ce n'est pas normal, comme je le pense, on doit réduire nos dépenses. »

On peut se demander comment on en est arrivé là ? Comment peut-on passer à une dette de 20 % du PIB dans les années 1980 à une dette de 120 %, une génération plus tard. On peut aussi se demander pourquoi certains pays européens font 3% de croissance et plus et la France seulement la moitié ! Notre modèle économique qui a bien fonctionné pendant 40 ans est obsolète depuis les années 90. Ce modèle reposait sur de grandes organisations nationales industrielles et scientifiques qui ont du se remettre vivement en question pour faire face à la mondialisation de l’économie.

Toute la difficulté consiste à l’adaptation de notre société qui souhaite continuer à financer son modèle social tout en restant dans la compétition. Pour reprendre les termes de Thierry Breton « il faut prendre des mesures pour augmenter la croissance », « il faut que les Français comprennent pourquoi il est essentiel de faire des efforts budgétaires permanents, de stimuler la croissance par tous les moyens et de continuer à vendre les actifs non stratégiques de l'État» ».

Pour cela il ne faut pas tarder à installer les fondations des nouveaux moteurs de l’économie : développer l’effort d’innovation, créer des pôles de compétitivité, reconsidérer la politique de l’énergie, proposer un modèle d’économie à « développement durable »…