Cette orientation découle sans doute du constat suivant : les visiteurs étaient déçus de ne pas pouvoir rencontrer les professionnels parmi les plus représentatifs en matière de copropriété, les grosses enseignes n’étaient pas au rendez-vous que ce soit pour les syndics, les banques, les ascensoristes … Par ailleurs, on pouvait recenser parmi les exposants une dizaine d’associations dont l’ANCC, l’ARC, la CLCV, la CGL… Ce qui donnait presque l’impression d’un "sous-salon" des associations. Ces associations, pour la plupart, ont pour objet "la défense du copropriétaire", qui se traduit le plus souvent par une animosité envers les professionnels et en particulier les syndics de copropriété qui sont sur la sellette depuis plusieurs mois au regard de la mise en conformité de leurs contrats avec l’avis de la CNC.

 

Est-ce que des "petites" associations auraient fait fuir les mastodontes de la copropriété ?


C'est bien l'avis de l’ANCC : "l’organisateur des salons EXPOSIUM, récemment racheté, a décidé, de concert avec les syndicats de syndics professionnels, d’interdire l’accès des associations de copropriétaires au salon de la copropriété parisien en tant qu’exposants. Ils en seront également en grande partie exclus des conférences comme en 2008". Pour l’ARC l’explication serait la suivante : " [..] la présence des associations - et plus particulièrement de certaines d’entre elles - gêne les syndics, du moins ceux qui ne supportent - comme on l’a dit - que les copropriétaires muets transformés en porte-monnaie. "

La cohabitation entre les professionnels et les associations n’est sans doute pas simple mais il semblerait que ce ne soit pas là le fond du problème. En ces temps difficiles de crise, les entreprises commerciales n’auraient pas le choix. Les organisateurs du salon doivent remettre en question leur gestion et "le recentrage" passe par une réduction des coûts de fonctionnement mais surtout une optimisation des rapports de rentabilité.

Or il faut savoir que depuis des années, les associations exposantes au salon de la copropriété ont un statut particulier de "partenaires" qui leur concède un emplacement gratuit et la possibilité de participer aux conférences. Comme on le sait les associations ne font pas de commerce, mais c’est quand même une aubaine, une fois dans l’année, de rencontrer de futurs adhérents,  de remplir les plannings de formation, de proposer des prestations de conseils, de vendre ses ouvrages ...


Alors comment passer au modèle payant ?


La solution est simple : les associations pourront rester partenaires , participer aux conférences mais n'auront plus droit aux stands gratuits. Dans les faits, les associations deviennent des "associations professionnelles" et à ce titre doivent payer leurs stands comme les autres exposants. La pilule est dur à avaler et la réponse de l'ARC en dit long.

Ainsi " l'ARC a décidé :

  • d’organiser un salon parallèle dit « Salon indépendant » (aux mêmes dates que le salon de la copropriété les 8 et 9 octobre 2009, lieu encore inconnu) ;
  • d’appeler les copropriétaires à « boycotter » un salon d’où sont exclus les associations représentatives (cet appel est d'ailleurs repris par l'ANCC);
  • de ne participer à aucune conférence du salon officiel (participation qui a pourtant été maintenue par les organisateurs du salon de la copropriété).

Il faut dire que l'ARC n'avait pas encore son congrès annuel. L'association des Responsables de Copropriété organise bien un colloque tous les deux ans en moyenne mais cette idée de mettre sur pied sa propre manifestation devait titiller ses responsables. C'est donc chose faite. Au programme : des conférences, des ateliers, la distribution de guides gratuits et la participation d'une trentaine de professionnels "sélectionnés", le tout en accès libre.

 

Ce "contre-salon" sera-t-il vraiment "indépendant" ?

Car à nouveau va se poser la question du financement de ce salon de l'ARC. Qui seront ces professionnels "sélectionnés" qui mettront la main au porte-monnaie pour réserver leur "mini-stand" ?


Un salon sans les associations, c'est bien dommage mais un salon sans les professionnels c'est impossible !

 

Source : www.unarc.asso.fr et www.copropriete-cooperative.com
Communiqué de l'ARC du 13 mai 2009 et communiqué de l'ANCC du 6 mai 2009