Le 19 septembre 2008, lors d’une interview accordée à la webradio AWI, Jean Perrin, Président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) affirmait que le problème du logement en France n’était pas lié à la nécessité de construire plus, mais davantage à une meilleure gestion du parc immobilier existant, compte tenu de son importance et de sa vacance, en de nombreux points du territoire.

Il affirmait également - contrairement à une idée reçue – que nombreux sont les bailleurs privés à faire preuve d’ouverture qui proposent à des personnes de conditions modestes, des logements de qualité, à des prix accessibles.

C’est la raison pour laquelle, le 24 mars 2009, AWI adressait à l’UNPI un courrier visant à recueillir des témoignages de propriétaires bailleurs prêts à jouer la carte du logement locatif à vocation sociale. Un appel à témoins qui n’a pas rencontré, loin s’en faut, un afflux de demandes.

Les propriétaires bailleurs privés qui ont accepté de livrer leur témoignage ont en effet davantage mis l’accent sur les difficultés auxquelles ils se heurtent lorsqu’ils souhaitent engager ce type de démarche.

Les propos de Roger Ghiena, propriétaire bailleur privé qui a accepté de témoigner ne doivent donc pas faire illusion. Il s’agit, en effet, d’un cas relativement « exceptionnel », sachant qu’il ne nous a pas été possible de recueillir de témoignages en Ile de France.

Cette enquête prouve que la proportion de propriétaires bailleurs privés prêts à jouer la carte du logement à vocation sociale demeure infinitésimale, surtout en période de crise économique et de menaces accrues sur l’emploi, partout en France.

De plus, les propriétaires bailleurs privés sont souvent des personnes retraitées pour lesquelles les loyers constituent une base de revenu indispensable.

Bien sûr, les annonces faites récemment par le gouvernement et Chistine Boutin, ministre du logement : maison à 15 euros par jour, réduction du dépôt de garantie à un mois au lieu de deux ; prêts à taux zéro pour les travaux d’économies d’énergies… sont autant de mesures qui vont dans le bon sens.Mais en dépit des efforts engagés, l’univers de l’immobilier reste « impitoyable » pour les locataires mais aussi pour les propriétaires bailleurs.

Quoi qu’il en soit, les propriétaires bailleurs ne sont pas de mauvais bougres ; ils ne sont pas tous fortunés; ils n’ignorent pas les difficultés liées à l’accès au logement ; ils savent qu’il existe de bons et de mauvais locataires; ils constatent que les revenus locatifs sont lourdement taxés. En fait, ils regrettent que leur situation ne soit pas suffisamment prise en considération par les pouvoirs publics, et souhaiteraient que l’Etat leur vienne plus en aide.

Conscients que le parc de logements inoccupés suffirait à loger ceux qui en ont besoin, certains se disent parfois prêts à jouer le jeu du logement locatif privé à vocation sociale.

Mais pour cela, ils demandent à être davantage entendus et compris au regard de ce qu’ils estiment être leurs légitimes préoccupations.
Voilà pourquoi AWI a voulu leur donner la parole.

Inteviews à écouter d'une durée de 6'18 à l'adresse suivante : http://www.awi1.com/p_flash_batimmo_2009/unpi-ghiena.htm