lecture journalCes moteurs vont collecter et indexer toutes les informations immobilières trouvées sur le Web. De cette façon, l’utilisateur a à sa disposition un ensemble de liens pointant vers les annonces parues sur les différentes sources indexées et peut les comparer. En théorie, un moteur ne doit pas reproduire la totalité de l’annonce, il propose un lien qui redirige l’internaute vers le site de référence. Le visiteur doit donc se rendre sur le site où a été publiée l’annonce d’origine pour obtenir les coordonnées des personnes à contacter. Ainsi pour le site Yakaz, la redirection serait de 100.000 visites par mois vers le site « Seloger.com ».

Le modèle serait « gagnant/gagnant » si certains moteurs ne reproduisaient pas des extraits d’annonces et pour certains ne se substituaient pas à la source. On peut alors se demander si le franchissement de cette dernière limite ne peut pas être assimilée à du « pillage de données ».

C’est bien l’objet de l’action en justice menée par le site « Seloger.com ». On peut citer les propos de Jean-Fabrice Mathieu directeur général du groupe accusant certains moteurs comme Yakaz, Gloobot et Solus-immo d’avoir « récupéré massivement les annonces immobilière de sa base de données […] contre sa volonté ». « Sur certaines requêtes, jusqu’à 90% de leurs réponses proviennent de Seloger ».

Il faut dire que le principe même du moteur est d’indexer sans autorisations. En général les éditeurs se soumettent à cette règle car vous gagnez en visibilité lorsque vos contenus sont référencés dans les moteurs de recherche. Mais l’éditeur reste propriétaire de ses contenus, il doit pouvoir à tout moment bloquer l’accès à certaines pages, répertoires ou demander la désindexation de son site. C’est le fondement du moteur bien connu de tous « Google ».

Certains sites comme Comintoo se réservent néanmoins le droit d’indexer malgré eux les sites qui s’y opposent.

Ce n’est pas la position de Gérald Poitevineau cofondateur du site Gloobot qui regrette que le site « seloger.com » ait choisi la voie de l’assignation sans même demander le retrait au préalable. Et Sébastien Sauzey président de Gloobot de présiser : « nous respectons le choix des sites de ne pas être indexés, et nous avons désindexé Seloger dès l’instant où il nous en a fait la demande … par voie d’assignation ».

Le site Yakaz attaqué lui aussi pour « pillage substantiel » conteste catégoriquement le bien fondé de l’action engagée à son encontre. Fred Mahé cogérant du site indique : « nous demanderons la condamnation reconventionnelle de la société exploitant le site Seloger à des dommages et intérêts pour procédure abusive ».

Il faut dire que le montant de la réparation exigé par « Seloger.com » en cas de condamnation des moteurs attaqués les mettrait en faillite. En effet Seloger demande 300.000 euros à chacun des sites. Les procédures intentées devant différents tribunaux de commerce sont toujours en cours.

Petit rappel sur les modes de rémunération des moteurs et des sites portails d’annonces

Le moteur de recherche : Il mise sur le nombre de liens d’annonces proposées pour attirer les visiteurs avec une offre plus complète et comparative. Grâce au trafic généré, le moteur peut mettre en place des liens sponsorisés et proposer des « premiums links » payants pour mettre certains liens en valeur et les remonter dans les 1ères positions des résultats de recherche. Certains moteurs démarchent aussi directement les agences immobilières.

Le site portail d’annonces : Il propose la création de sites pour les agences et la vente d’abonnements pour l’export des annonces de l’agence vers le portail. Seloger.com annonce 15.000 agences clientes avec un résultat net de 13,5 millions d’euros.